Meissen


Albrecht Dürer


Famille Pommery

Auger


 Adoration des Bergers


Chinoiserie


La Cavalcade


"Rang Sacré"


Armoire de Lübeck

 

   

La Cavalcade de Louis XV, le 26 octobre 1722
 

 

  Pierre-Denis Martin dit le Jeune (Paris, 1663-Paris, 1742)
 Gouache sur papier, 8O x 107 cm
Achat, 1938, Inv. 2009.0.7

                                                                                                                                                           

    L’œuvre passe pour être préparatoire au tableau de format légèrement plus important (0,88 x 1,25 m), faisant partie des collections du château de Versailles (MV 178 ; huile sur toile) et qui est une commande royale. Elle décrit avec un extraordinaire luxe de détails la traditionnelle cavalcade du nouveau souverain, le lendemain du sacre, qui, partant du palais du Tau, siège de l’archevêché, rejoint l’abbaye Saint-Remi, où il se recueille devant les reliques du saint évêque rémois.

   Elève de Van der Meulen et de son propre cousin, Jean-Baptiste Martin dit Martin des Batailles, Pierre-Denis Martin devint peintre ordinaire du Roi et pensionnaire de la Manufacture des Gobelins. Il reçut de nombreuses commandes le chargeant de représenter avec faste l’architecture des grandes résidences royales (Versailles, Trianon, Marly, Fontainebleau) ou tel événement lié à l’un des grands chantiers du règne du Roi-Soleil (ainsi la Visite de Louis XIV à l’hôtel royal des Invalides, le 14 juillet 1701, Paris, musée Carnavalet).

 

 

 

 

 

   Comme pour ce dernier tableau, l’artiste, à la fois topographe et peintre de cour, réussit à combiner avec talent la vue d’architecture (l’hôtel des Invalides, la cathédrale de Reims) et la célébration d’un événement précis auquel participe une multitude de figures, sans qu’aucun des deux éléments ne soit sacrifié à l’autre. Il est vrai que la cathédrale est ici comme un personnage à part entière, symbole du sacerdoce royal, et participe pleinement à la gloire du jeune roi.

   Ce dernier est aisément reconnaissable au centre, sur son cheval blanc, entouré de grands personnages de la Cour, parmi lesquels le Régent, Philippe d’Orléans. Conformément à ce que Louis XIV avait souhaité pour lui même lors de son sacre, le 8 juin 1654, le roi est précédé des grenadiers à cheval, de deux compagnies de mousquetaires, de la compagnie de chevau-légers. Le roi est suivi des grands officiers de sa Maison, des maréchaux de France et des officiers de l’ordre du Saint-Esprit dont il deviendra, quelques jours plus tard, le Grand Maître.

   Le défilé progresse entre deux haies formées de divers régiments, sans oublier la population rémoise et les nombreux étrangers venus admirer le spectacle.

On remarque au pied de la cathédrale le chemin emprunté la veille, jour du sacre, par le roi, menant de la salle du Tau au grand portail, chemin abondamment  décoré de somptueuses tapisseries fournies par l’intendance des Menus-Plaisirs et le Garde-Meuble royal. Elles sont évoquées avec assez de précision pour pouvoir en identifier certaines, faisant partie de la tenture des Actes des Apôtres, d’après Raphaël.

   Représentation glorieuse du nouveau roi de France, le tableau aujourd’hui à Versailles fut accroché dès 1737 dans la galerie d’Apollon au Louvre. On ne peut tout à fait exclure l’hypothèse que la version rémoise ait été commandée à l’artiste par l’un des grands officiers de la cour, soucieux de garder le souvenir des fastes du sacre dont le duc de Saint-Simon, pourtant délibérément absent, déplora « le désordre […] inexprimable » (Mémoires, t. VIII, p.534, La Pléiade, Gallimard).

 

 

 

Philippe Le Leyzour
Administrateur S.A.V.R. - Musée Le Vergeur.

 

 

 

 

 

 

 

Copyright © 2014 Musée le Vergeur